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m'étendre sur l'asphalte

par Sylvia

m'étendre sur l'asphalte

Tout s'enchaîne, se déchaîne dans ma tête, c'est comme une tempête lunaire, car il n'y a rien à l'horizon, pas d'avenir, et quand je me retourne, pas de passé, juste une terre friable, des cratères vides, et le noir obscur de la galaxie.

Si je ferme les yeux, allongée à même le sol, je peux me revoir sur Terre, dans les herbes hautes et fraîches des terrains de foot où on pouvait se retrouver à regarder les garçons se taper la balle, pendant que nous, fleurs bleues adolescentes, rêvassions à notre futur amoureux, notre famille idéaliste.

Parfois l'un d'eux, ou plusieurs nous rejoignaient, et nous discutions à bâtons rompus de l'OM, de l'école, de tel prof, de telle amourette et nous amusions à regarder les nuages passés dans le ciel clair azur, où notre imagination s'envolait.

Si je vais moins loin dans mes souvenirs, toujours étendue au milieu de cet espace infini, je peux juste me sentir bien, dans ses bras, avec son odeur, nos envies, au fond de notre lit, dans ces draps froissés par nos ivresses amoureuses.

Mais je sens soudain que le matelas devient moins confortable, car les lattes n'ont pas tenues le long des années sous le poids de nos corps, et les draps sont devenus rêches. J'ai froid, je ne sens plus ses bras, je ne sens que la froideur de ses mains glacées qui ne sont plus tendres, mais qui claquent, qui s'énervent, qui me détestent. Ma protection s'est fissurée, je sens que ma détente n'est plus souhaitable à cet endroit, il faut que je me lève et trouve un coin plus confortable.

J'ai beau chercher, tout est encore trop sombre, infini, intense, l'univers même n'est plus éclairé par les étoiles éblouissantes. Seules quelques comètes éteintes frôlent la planisphère.

Alors j'avance, je trébuche dans ces trous poreux. Je suis pieds nus, j'ai mal, ils sont égratignés par de petits cailloux. J'ai l'impression de marcher depuis des jours sans rien avoir vu aux alentours. Où est le soleil ? Est il si éloigné de la lune ? Ma mémoire sur l'astronomie me fait défaut....J'en peux plus. Je suis lasse, éreintée. Il faut que je m'étende, ici sur cet asphalte dur et gelé.

Mes paupières sont lourdes. Est ce le sable du sommeil, ou seulement l'envie de ne plus avoir envie ?

Dans mes songes, je sens la chaleur, je vois de la lumière, toujours les mêmes, ces deux lumières qui m'ont guidées depuis leur création. Elles ont toujours été à mes côtés, même si j'ai pas toujours fait attention.

E je sais que même si l'avenir change certaines habitudes, elles seront toujours là, étincelantes, car c'est à moi de les protéger pour ne pas qu'elles faiblissent, pour que tous ces changements ne viennent pas ternir leur lueur.

Alors cette chaleur que je pensais artificielle, s’amplifiera de nouveau, et le soleil brillera encore....

J'ai la tête qui éclate, j'voudrais seulement dormir, m'étendre sur l'asphalte et me laisser.....non pas maintenant, pas encore, pas si tôt....un nouveau jour viendra, plus serein, plus vrai, moins douloureux.

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