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Souffle de vent

par Sylvia

Souffle de vent

Les feuilles virevoltent dans toute la pièce. La fenêtre ouverte en grand, la porte qui est mal fermée, le vent s'engouffre en un courant d'air glacial.

Les rideaux volent au gré des bourrasques qui affolent les lourds tissus opaques qui cachent la faible lueur de l'aube.

Le sifflement des échappées s'infiltrent dans tous les interstices des murs m'entourant.

Le printemps se fait attendre dans cet endroit, dans ces lieux, de hors et dans mon coeur.

Je suis assise, autour de moi des pages blanches qui n'attendent qu'un futur à être écrit.

Mais aussi des pages bleues, souvenirs de mon passé joyeux, relatant des instants de bonheur.

Les pages grises sont le fruit du temps jadis, révolu, je les laisse s'envoler sans amertume.

Les plus rigides, les plus lourdes, celles que je voudrais voir disparaître, restent solides, attachées à l'agenda de ma vie.

Chronologiquement, puis aléatoirement, je les ai tournées. J'ai relu des passages, mes larmes ont mouillé quelques lettres, quelques mots.

Elles ont pris la couleur rouge. Comme la couleur de ce sang qui bouillonne en moi tel un torrent monstrueux, que le vent de mon esprit déchaîne.

Les clapotis qui se répercutaient sur les roches à mon arrivée dans ces lieux, sont devenus d'énormes claquements d'eau noire assombrie par ces phrases qui relatent la haine, la violence, l’horreur.

Je suis frigorifiée, gelée. Mes habits ne me protègent plus contre cette tempête dehors, et mon coeur accélère ses battements face à celle qui s'agite en moi.

Je pourrais clore la fenêtre.

Je pourrais claquer cette porte.

Je pourrais laisser mes sentiments sur papier.

Je pourrais tourner définitivement les pages de ce livre.

Mais non ! Pas ainsi, pas sans retrouver la tranquillité d'esprit, pas sans conclusion plus heureuse.

Le rouge doit s'atténuer, le rose doit l'emporter sur l'arc-en-ciel de ma vie.

Il me faut me battre pour ce que j'étais avant, pour ce que je serai demain.

Rien ne doit rester impuni. Toute faute doit être réparée, même si c'est avec du ruban adhésif, avec de la colle bon marché.

Le souffle du vent ne doit plus couper le souffle de ma respiration. Je dois expirer, inspirer sans sifflement, sans difficulté.

Le souffle du vent doit être supporter par ma peau couverte de ces vêtements d'hiver, pour que les affaires d'été puissent relayer la froideur, et que la fraîcheur de la bise ne file comme une brise douce et agréable les jours de grande chaleur.

Mes souffles de vent, ce sont ces deux mistrals qui apportent le chant des criquets, l'odeur des coquelicots, le sel des embruns de la mer du Nord.

Le dernier souffle du vent emportera dans son sillage les dernières feuilles rouges de ce carnet qui attestent de ce passé si douloureux en ouvrant en grand les rideaux de chagrin derrière lesquels se cachait le pire des cauchemars.

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