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Tourbillon

par Sylvia

Ce tourbillon pourrait être aujourd'hui la douleur qui nous accable en ce jour de deuil. dédicace à Nice.

Ce tourbillon pourrait être aujourd'hui la douleur qui nous accable en ce jour de deuil. dédicace à Nice.

Seule au milieu de ce carrefour, je suis perdue. Tous les panneaux ont été arrachés par les bourrasques de vent du passé. Il n'en reste qu'un au milieu signalant le sens giratoire de la vie, ce fameux cercle vicieux.

Mais je n'ai pas envie de le suivre éternellement. Je dois me concentrer malgré les rafales qui soufflent et me fouettent le visage.

Les yeux me piquent, ils sont larmoyants. Mes cheveux volent et virevoltent dans tous les sens. Le sifflement aigu de ces courants d'air intempestifs me font boucher les oreilles. C'est très désagréable.

Je regarde alentour. Des tourbillons de vent entraînant sur son passage le peu de nature qui existe encore dans ses prairies verdâtres.

Quelques ballots de paille des prés avoisinants. Des brins d'herbe mêlés aux caillasses. Des papiers chiffonnés et froissés comme mon coeur en ce moment. Mon cerveau est en état d'alerte. Je ne peux rester sur ce rond point indéfiniment.

Hier, j'ai retrouvé une carte postale. Un souvenir du passé. Je l'avais reçue il y a des années, à une époque où j'étais autre, où je me cherchais un repère, un point d'ancrage afin de concrétiser mes objectifs.

J'en avais fait fi, la parcourant vite fait et la collant par un magnet sur le frigo. Elle a fini par glisser et s'insinuer sous ce gros électroménager.

C'est lorsque je l'ai bougé pour faire le grand nettoyage de printemps que je suis tombée dessus. C'est une carte du 14 juillet illustrant la Tour Eiffel sous le feu d'artifice. Cela a toujours un rêve d'y assister et il demeure encore aujourd'hui. Alors, j'ai décidé de partir et prendre la direction de la capitale.

Mais me voilà au milieu de ces tourbillons venteux où le soleil perce les nuages de grisaille.

J'ai mal aux yeux. Les larmes coulent. J'ai soif, j'ai la nausée. Je dois suivre mon intuition,

J'entends ces voix en moi qui m'indiquent une route d’asphalte gris au goudron lézardé mais droite, sans virage, à l'horizon clair.

Sur ma gauche, un chemin un peu plus sinueux mais d'où une odeur agréable provient. Je n'arrive à définir ce qu'est ce mélange d'épices et de senteurs fleuries.

Et devant moi, dans le lointain, au bout d'une ligne serpentée, le soleil se décline déjà derrière une dune de sable derrière laquelle se cachent sûrement d'autres destinées.

Je respire profondément. Je me concentre. Le vent s'essouffle enfin. Les différentes matières qui s'envolaient autour de moi retombent à mes pieds.

Mais dans mon esprit, les tourbillons de la vie s'affolent aussi.

Je suis au bord de ce précipice dans lequel je suis tombée il y a peu et duquel j'ai dû remonter en m'accrochant à des branches chancelantes.

Je n'ai pas envie d'y retourner. Alors je dois faire un choix.

Mon coeur et ma raison me guideront. Je vais m'assoupir un moment, et demain je prendrais ma décision.

Mes songes sont emplies de vous, chères victimes de ces assassins sans âme, je ne vois plus Paris, je vois Nice !

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