Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Aux portes du saloon

par Sylvia

Aux portes du saloon

A l'extérieur, un soleil radieux malgré l'air glacial. Le ciel bleu, pas un souffle de vent. Tout paraît calme.

A l'intérieur,  un brouhaha assourdissant. Un tumulte transparaît à travers l'encadrement du bâtiment en bois.

Il semble y faire une chaleur étouffante.

J'entends les différentes intonations des voix de ces personnes qui s'y trouvent.

 

J'hésite. J'ai soif, je suis repue de ma traversée dans ce terrain hostile, partagéentre un désert aride et des villes bruyantes .

Je vois des gens entrer et sortir.  Les portes battantes claquent à chaque passsage. 

La lumière astrale m inonde tandis que je regarde l'obscurité intérieure. 

Je songe à ce que je viens de vivre. Mon chemin fut long pour arriver là. J'ai cru parfois que jamais je ne pourrai me relever, que je cesserai de me battre pour mon avenir, qu'un jour, je tomberai et je ne bougerai plus, à m'en laisser mourir.

Et puis, il y a eu toutes ces petites joies venues agrémenter mon parcours caillouteux, des oasis où j'ai pu m'abreuver,  me ressourcer.

J'en souris. Il y a eu des moments d'insouciance, de bonheur partagé.

 

Alors pourquoi m'interdis je d'être heureuse ?

Pourquoi est ce que j'hésite au jour d'aujourd'hui à prendre ces petits riens,  à profiter de ces moments qu'on m'offre , ces dons d'amour,  d'amitié, de réussite ?

J'ai peur ! Oui, j'ai peur de l'échec, peur de me tromper, peur de souffrir, peur d'être heureuse ! À croire que je n'y ai pas le droit !

Mon coeur reste toujours en réserve,  ma raison se perd dans ses méandres et mon instinct me souffle de tenter. Que si je ne risque pas, rien de bien ne peut m'arriver ! 

 

Dans ces visages qui défilent autour de moi, il y en a des fermés,  des souriants, des fatigués,des vieux, des jeunes, des austères, des enjoués.

Il y a ceux avenants, vers lesquels j'ai tendance à me tourner. Je sais au fond que je ne suis plus seule. Que là bas, qu'ici,  quelque part, je suis entourée et aimée.

Moi même,  j'aime en retour. Pas d'amour avec le A majuscule, non d'amour amical !

Je donne tellement, mais je reçois aussi et j'aime aimer ces êtres qui me sont chers ,qui ont réussi à me permettre de m'epanouir à nouveau.

Chaque jour cette onde de sympathie augmente,  je me sens irradiée d'amour fraternel venant du coeur.

Malgré tout, quand, celui qui devrait être quelqu'un de particulier, de spécial, pour qui les sentiments devraient être plus fort, je me ferme,je remets ces barrières que je dresse autour de moi, autour de mon palpitant.

Je n'y arrive pas, je ne me sens pas de l'exprimer, de l'eprouver ,. Je doute, je me méfie, je n'y crois pas.

 

Je suis comme ces portes de saloon, battantes, allant et venant, d'avant en arrière, avec un bruit sourd, grinçant parfois.

J'ai de plus en plus soif, la faim commence à me tenailler.  Mes jambes sont lourdes, le dos douloureux. 

Je ne vois pas d autres endroits où me poser, où m'abreuver si ce n'est cette rivière limpide, au bout du village, là où l herbe fraîche vous appelle à vous étendre pour vous reposer.

N'empêche que je suis tentée par ce pub aux allures de vieux saloon des westerns de ma jeunesse.

Je fais un pas en avant, puis deux, je m'arrête sur les marches .

Les voix me parviennent plus distinctement . J'entends quelques jurons dans des bouches à l haleine alcoolisée.

Des phrases de joueurs de Manille coupant le bruit du jeu de roulettes.

J'aperçois le tolier derrière son bar, la serveuse à la table devant la porte, prenant note de la commande.

 

D'un coup, une ombre se profile sur le mur, à côté de la mienne. Elle est plus grande et élancée, je n'ose me retourner, mais je sens une douce chaleur se dégager du corps qui est derrière moi.

J'avance, je franchis la porte saloon , tenant le battant pour cet homme derrière moi.

Une table est libre,dans le coin au fond, près de la scène. Il n'y fait pas si sombre sombre l'intérieur. Le décor est même cosy.

J'évite certains regards de personnes ennivrees, je rase celles où les cartes de jeux sont étalées et je me dirige vers cette table à 2 places .

Un serveur vient prendre macommande. 

J'aperçois dans le reflet du miroir sur le mur qui me fait face, la silhouette de cet homme dont l'ombre se projetait sur la façade.

Je le vois venir vers moi, il me demande si ce siège est libre. 

Je regarde alentour,la salle est comble. 

Les yeux dans les siens, je réponds oui....

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article