Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bouillon

par Sylvia

Bouillon

La marmite est pleine, posée sur la plaque. Le temps de cuisson est programmée, le feu est allumé.

Suivre une recette, c'est facile. Suffit, avec les moyen de nos jours, de regarder dans les livres destinés à la cuisine, de suivre les émissions tv qui prolifèrent sur toutes les chaînes,de demander à sa grand-mère, sa mère, son amie, son secret, son ptit truc en plus, d'imprimer sur internet.

J'aime apprendre, renouveler les expériences, les idées, ce qui se fait déjà, tel quel, ou en accommodant à ma manière, en enlevant ou rajoutant des ingrédients, faire goûter, faire plaisir, faire découvrir, ou simplement me régaler !

Parfois il y a des surprises, de nouvelles saveurs, appréciées ou non. D'en discuter entre copines, entre connaisseurs ou novices peut agrémenter nos opinions.

Bien sûr il y a des ratés, des inexplicables, impossible de refaire comme on l'a lu ou vu ! Des cramés, des immangeables, à jeter à la poubelle ! Mais on aura essayé !!

 

Dans la vie, c'est pareil. Toutes les expériences sont bonnes à prendre, bonnes ou mauvaises. Ca  laisse des goûts amers, des saveurs sucrées, du salé, de l'épicé.

A recommencer, à éviter, à oublier, à aimer, à détester, du moment que cela nous fasse mûrir, prendre conscience, avancer, on apprend de ses erreurs et de ses réussites.

Mais parfois, après des joies, des bonheurs, des euphories, des tristesses, des fatigues, des stress, il y a des découragements, des trop plein, des coups durs.

Tout s'accumule, et même si on garde le sourire, comme on décore les gâteaux ratés avec de la crème, des bonbons, du chocolat, pour masquer le défaut, et bien au fond, rien ne va.

Sous ces lèvres étirés vers le haut se cache des pleurs que l'on cache au monde, que l'on garde pour soi, que l'on évacue chez soi, au fond de son lit, seul.

Cela ne veut pas dire qu'on lâche prise, qu'on abandonne, non, cela veut juste définir notre lassitude.

On se demande pourquoi, comment on y arrivera. On se sent perdu, même si on ressent les encouragements d'autrui, le soutien et qu'on reçoit leurs bonnes paroles.

 

Mais au fond, on sait que nous seul(e)s pouvons y arriver. que leur aide n'est qu'un moyen de plus, mais notre fierté sera d'y être arrivés par nos propres moyens.

Mais que c'est éreintant, moralement surtout, et quand cela s'accumule, que des parallèles se chevauchent, que des traverses se dressent au milieu, qu'il faut quand même continuer, on baisse momentanément les bras, le temps d'un repos, d'un souffle.

L'eau de la marmite bouillonne, le temps de chauffe est arrivée à température adéquate, mais on laisse encore, occupé à autre chose.

Mais plus ça chauffe, plus les tremblements se font ressentir.

Un volcan endormi va rentrer en éruption. Quand, comment, pourquoi ?

Un petit rien, et le lait peut déborder. Pas le temps de couper le gaz, il est trop tard.

Tout va se renverser sur les flammes , le feu va s'éteindre.

Si on ne fait pas attention, cela peut être dangereux, une étincelle et BOUM, tout explose !

 

Je dramatise, je vois le pire, mais c'est que ces bulles brûlantes sont en moi, forment une boule à l'estomac, et sont prêtes à éclater.

Pour qui, pour quoi ??

Parce que j'ai trop gardé en moi, parce qu'il continue, parce qu'elle n'est d'aucune utilité, parce qu'elle est sûrement partie prise, ou apeurée, ou manipulée ou idiote !

Parce que parce que parce que...des parce que qui ne servent à rien, car ils n'expliquent rien, ils me font juste remonter la rougeur aux joues, la colère m'envahir. 

Je voudrai me défouler, me soulager...mais surtout je voudrai avoir du répit, un repos, une trêve, une victoire, une défaite de la partie adverse.

Cette fameuse roue qui tourne, quel effet boomerang en attendant ou alors c'est mon côté défaitiste qui refait surface, que sais je ?

 

Je bouillonne comme cette eau, ce lait dans la marmite....je veux juste stopper la cuisson, y rajouter les ingrédients nécessaires, pour en faire une crème onctueuse, légère, douce et sucrée pour les papilles.

Ce côté meringuée, guimauve endurcie de chocolat, car pas trop molle, toujours croquante, craquante, accompagnant de bons desserts, à partager sans modération !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article