Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Je me bats

par Sylvia

Je tends la main à cette petite fille que j'étais

Je tends la main à cette petite fille que j'étais

Une séance psychologique comme tant d'autres, où j'arrive avec mes questions, mes émotions, mon besoin d'évacuer, de comprendre, mais où j'en ressors plus forte, soulagée, mais avec d'autres questions existentielles.

 

J'ai pour habitude de répéter une phrase, un verbe, qui me caractérise assez bien, car j'ai l'impression que mon vécu n'est fait que de cela.

Je me sens faible et pourtant je suis très forte, car malgré ces endurances, je suis toujours, là, debout, et prête à recommencer.

Si je regarde mon présent, c'est encore le cas, quand je retourne dans le passé, il y va de soi, et quand j'imagine le futur, je ne vois pas d'autres alternatives.

On se demande quelle énergie j'y perds, et pourquoi tous ces efforts, parfois vains, parfois victorieux, mais les questions sont : est ce la bonne façon d'agir ? est ce la vraie raison ?

Si j'analyse au 1er degré, je dirai que oui, c'est une conséquence logique liée aux problèmes adjacents.

Si je réfléchis plus profondément, je sais bien que je peux trouver un autre moyen d'agir. Mais est ce que je le désire vraiment, ou est ce seulement que je ne dispose pas d'autres armes assez efficaces.

 

Je me bats....Je me bats contre, Je me bats pour, Je me bats avec, je me bats...

 

La réflexion qu'il m'a donné d'avoir, me cause souci, car je ne sais si le résultat me plaira, s'il me satisfera, s'il sera la solution.

J'ai plutôt l'impression que cela est trop antérieur à ce que je peux me rappeler, mais déjà de me remémorer jadis, m'apporte des flash qui pourraient être significatifs de ce combat perpétuel.

Est ce que mes rencontres, mes relations, sont le produit de cet ennemi inavoué, enfoui au plus loin dans mon enfance ?

Bien sûr que je ne veux le croire, sinon, c'est avouer que je voulais l'échec de cet amour déchu, l'échec de ce rêve avorté, l'échec d'un idéal stéréotypé.

Mais si je suis sincère avec moi même je dois reconnaître que lorsque tout est plus simple, j'ai tendance à ne pas vouloir être patiente, et confronter la sérénité à la tempête de mes envies inassouvies.

Mais qui peut me dire que j'aurai pu prédire que le personnage représenterait le démon en moi, qu'il serait assez malin, assez vil, pour faire ressortir ma peine, ma colère, ma haine d'un autre temps ?

 

La question vaut aussi pour moi même, sur cet amour du soi, cette estime, cette confiance en soi.

Mais là, il n'y a pas à trop s'interroger car à peine gratter la surface, l'évidence éclate.

Bien sûr que non, elle est quasi inexistante....Il y a des périodes plus fastes, plus glorieuses, mais elles sont vite reléguées en seconde zone, car le mal être se perpétue malgré les bonnes choses qui peuvent être.

Si lors des duels, je dois baisser la garde, me regarder dans le miroir, alors l'image reflétée me renverra quelque chose que je déteste.

Cela m'insupporte, et j'ai beau me dire, j'ai beau savoir que dans ce cas, il suffit de, j'ai beau essayer, mais c'est encore un combat que je perdrai. 

Il y a eu des victoires, je peux encore y arriver si j'y mets toute la volonté du monde, mais dans ce cas il faut que j'abandonne les autres guerres, et je ne suis pas sûre de le pouvoir, car alors c'est renoncer, mais surtout laisser l'autre gagner.

 

Si je me rappelle....oui, elle m'en a parlé, elle me parlait de tout, de trop, de l'interdit, donc je sais.

Si je dois remonter le temps, alors je réalise que ce combat je le vis depuis l'aube de ma vie.

Son souhait, son désir...le leur ? Une attente, une formation, mais en parallèle, un autre amour, une autre exigence.

Un désamour, un désespoir....2 familles, 2 fratries, mais en vérité, un lien sera fait, inextricable,mais caché, secret, et la boîte de Pandore se refermera sur ce non dit.

Alors, comment naître dans ces conditions, comment grandir avec ces révélations, et surtout s'épanouir dans les bons sentiments ?

Toute sa vie, voir et entendre les confrontations tout azimut, les défendre, les juger, les accuser, tout en se trouvant, en s'appréciant, en étant soi et s'estimer.

Je pense que le cocon n'était pas assez bien établi pour donner ses chances à l'enfant que j'étais.

 

Alors, je continue ce que j'ai toujours appris, je me bats chaque jour.

Mais je me bats sans les armes adéquates car il me manque cette bonne appréciation de moi, il me manque ce qui me permettrait de retrouver des forces plus rapidement, il me manque cet amour pour moi.

J'en ai tant donné inutilement, j'en donne tant encore, et en reçois aussi, mais celui qui est primordial, pour être vraiment valoriser est en rupture de stock depuis toujours, car je n'ai jamais entendu que je le méritais, que j'en valais la peine, que cela était inné en moi.

Pour moi aujourd'hui, il m'est impossible de concevoir que les être que j'ai enfanté ne sachent pas comment ils sont importants, combien ils seront toujours des êtres à part, des êtres qui peuvent être fiers de ce qu'ils sont, que leurs racines, même s'il elles sont défectueuses car plus combinées, sont leur plus belle réussite car c'est grâce à elles, qu'elles sont ce qu'elles sont, surtout des être aimés, qui ont tout intérêt à s'estimer elles même !

 

Si je pouvais tendre la main à cette petite fille que je fus, si je pouvais la serrer contre moi, je la rassurerai, et je lui dirai : "tu es quelqu'un de bien, tu es une personne avec de très belles valeurs. Peu importe ce que tu réussiras, ce que tu entreprendras, tu auras toujours un coeur en or, tu seras toujours forte, et belle à l'intérieur. Aime toi, tu le mérite. Si tu t'apprécie, tu inciteras les autres à t'estimer telle que tu es. Nul ne pourra te reprocher ce que tu rateras, car tu auras fait tout ce qu'il t'est possible pour y arriver, seule ou accompagnée. Cesse de te battre pour que le monde t'aime, réalise juste que tu es quelqu'un de bon et alors tout ira bien !"

 

Dans mes songes, j'essaie de trouver cette petite fille, mal dans sa peau....sans succès...Je dois encore chercher....si ce n'est dans cette vie, je n'aspire qu'à une chose, c'est que dans la prochaine, elle saura et qu'alors Je n'aurai plus à me battre ! 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article