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comme....

par Sylvia

comme....

Je me souviens de ces parties de scrabble en famille, c'est bien le seul jeu, la seule activité, le seul moment de détente que nous pouvions partager mes parents, mon frère et moi !!

Ces instants conviviaux étaient très rares dans ma famille ! Nous n'étions pas enclin à la discussion, aux échanges, à l'entente.

Se dire ce que l'on pense, pas question ! Se dire qu'on s'aime ? Quésako ? impossible

J'étais la seule à savoir exprimer ma colère, mon désaccord, mon amour.

Mais je suis aussi la seule à avoir dû renfermer des secrets inavouables, à devoir garder en moi des mensonges, des vérités....en voilà les conséquences physiques....bref

 

Pour en revenir au scrabble, nous avions pendant ces parties, des fous rires incontrôlables, des conflits de plaisir, face à des mots inventés, des grotesques orthographes, juste pour essayer à tout prix de gagner en plaçant toutes ses lettres.

Quitte à tricher, peu importait pour quelques'uns, de mauvaise foi face à la vérification dans le dico, car il allait jusque là même devant l'incongru le pus frappant !!

Vous souvenez vous des pions joker, blancs, afin de pouvoir remplacer une lettre manquante ?

Parfois, comme il serait agréable de pouvoir les utiliser dans la "vraie" vie, pour remplacer un objet, un oubli, une présence, une absence.

 

Ces jours-ci, je ressens ce manque! Pour qui, pour quoi ? Je sais pas c'est général. Je suis pourtant loin d'être seule ? Je me sors de mes ennuis, j'en ai d'autres à affronter, j'ai mes enfants, qui bien sûr sont un manque cruel quand elles sont là bas.

J'ai mes amis, j'ai mon boulot, j'ai des contacts....mais je ressens quand même ce manque, cette absence en moi.

Comme si j'avais perdu quelque chose, quelqu'un, un sentiment.

C'est sûrement vrai d'une certaine manière, car au moment où mon coeur s'est ouvert, il a du refermer ses portes à double tour, afin de pleurer en silence, afin de panser une petite plaie, afin de se reposer.

Est ce cela qui fait que je me sens seule ? Non je ne pense pas car ce à quoi je commençais à m'ouvrir n'était pas assez présent au quotidien pour constituer une solitude.

Est ce les souvenirs qui reviennent, les saisons qui se finissent, des messages venus d'ailleurs, une photo tant espérée ? 

Peut être, mais cela existe depuis bien longtemps, alors pourquoi cela remonterait il à la surface maintenant ? 

Serait ce dû à certains départs, à certains retours, à certaines hésitations, à certains non catégoriques ? Cela serait étrange que ça amène ce sentiment d'abandon. Au contraire, si certains partent c'est qu'ils ne sont pas assez forts, assez confiants, assez sincères pour mériter de rester près de moi.

Et si certains reviennent, arrivent, tentent, c'est un chemin que je dois décider de suivre ou non, et alors ça me fait de la compagnie.

 

Etre solo, c'est parfois difficile, cette solitude, surtout le soir...mais c'est aussi un moment de repli sur soi pour réfléchir à son présent, à son devenir, à ce qu'on souhaite, à sa tranquillité.

Mais à trop réfléchir, on se pose beaucoup de question, et je suis une as de cela !...pourquoi, comment, quand....et là il y a ce serrement de coeur, à ressasser, à se souvenir, et là le manque pèse.

Lui, eux, elles....son amour, sa tendresse, son partage,, ses paroles, ses bras, sa douceur, ....leur amitié, leur écoute, leur sollicitude....un, une, des.....je pense à celui que j'aime, je pense à celui que je veux, je pense à celles qui sont moi, je pense à celle qui est mon autre.

 

you ! U ! c'est la lettre qui n'est pas sur la photo, you ! U !....

Je suis triste, nostalgique, mais pas désespérée !!!

C'est juste une mélancolie passagère, en même temps je n'ai pas le temps de m'appesantir sur ce sort qui n'est rien en parallèle des manques que l'on peut ressentir pour ceux qui sont décédés.....

Toi qui est là haut, te rappelles tu de nos coups de gueule, de tes sourires en quoi quand tu nous la faisait à l'envers...toi tu es un véritable manque, une vraie absence surtout quand je la regarde....

Vous qui êtes partis sans que l'on puisse se dire aurevoir....

Toi qui n'est pas loin, qui me rendait heureuse quand j'étais dans tes bras mais qui me décevait....

Toi qui n'existe pas encore......

 

Comme........

 

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