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ce fossé

par Sylvia

ce fossé

C'est incompréhensible, y'a rien qui en raisonne, c'est comme parler à un sourd, c'est faire du vent, parler pour rien, attendre l'impossible, vainement.

S'aimer c'est tellement beau, c'est tellement bien ! mais pourquoi nous aimons nous aussi mal ?

Pourquoi n'avançons nous pas si paiblement ? Pourquoi tout est question de doute, de mensonges, de quiproquo, de difficultés, de silences, de conflits ?

Plus on se veut d'aller de l'avant, moins on fait de pas, car les quelques sauts engendrés nous ont lassé, et lorsqu'une bourrasque nous effleure, on recule d'un cran.

C'est moi, c'est toi, c'est nous. Nul n'est coupable totalement, mais le manque de discussion, de conversation, de compréhension, d'attention, de présence est un manque irréfutable.

C'est comme si nous creusions encore plus profondément ce fossé qui est entre nous.

 

A la base, déjà si différent, si opposé, rien ne prédestinait qu'on serait un combiné.

Ce ne devait être pour moi que l'histoire d'une fois, surtout quand j'ai compris que tant d'élément te reliaient à mon passé.

Je m'étais promis de ne pas rechuter, de ne pas me laisser manipuler, endoctriner, ensorceler, marabouter.

J'ai cru qu'en visitant d'autres sites, qu'en prenant office de ton état, qu'en mimant, qu'en faisant semblant, qu'en me détournant j'y arriverai, mais ce n'était qu'un mirage de plus.

Car tout ce que je faisais était futile, rempli d'énergie contraire, qui me poussait invariablement vers toi.

J'avais beau avoir ma propre pelle, elle était bien minime face à l'étendue de la tâche, et mes bras si petits à réaliser cette ampleur !

Je m'évertuais pour rien, car je replongeais directement entre tes bras.

Ce fossé se creusait, par mes petites mains, par tes longs doigts, et pourtant on le traversait encore.

 

Ce fossé se creuse, il s'étend, je vais bien finir par y tomber, ou ne serait ce toi ? 

Réalisons que nous avançons dans la boue, que nos chaussures sont pleines de crottin et que nous nous enlisons dans une situation qui n'ébauche sur rien.

Rien qui peut être réparé si aucun de nous ne fait des efforts, j'ai l'impression d'en faire trop et toi d'en faire tout court. 

Je ne vois rien, rien de bien, si ce n'est t'aimer, t être....c'est beaucoup et pourtant pas assez, soyons conscients que ce n'est pas ainsi que se conjugue un futur....pas pour moi en tous cas.

Alors ce fossé  se creusera encore sauf si on rapporte une coulée de boue pouvant boucher toute cette fosse d'un seul coup et qu'enfin plus aucune faille ne jaillisse.

 

Mais, à présent je n'y crois plus, déjà je sens le sol trembler sous mes pieds, je sens que sous la terre, le magma se met en ébullition.

La nature aura repris ses droits, elle se mettra en action, sans qu'on l'y incite, et nous aidera à cette séparation qui aurait du être depuis longtemps.

La pioche a été plantée hier, le dernier coup, la dernière douleur dans la glaise.

Il y a des mots, des paroles qui ne devraient jamais être prononcées, elles font si mal qu'elles t'empoissonne la vie et font couler tes larmes. 

Un seul a suffit, je n'en veux pas d'un deuxième, je préfère laisser la Terre s'ouvrir en 2 afin de mettre entre nous un fossé béant plutôt que franchir une fois de plus une passerelle brinquebalante.

Je jette une dernière fois une pelletée de poussières sableuses dans le vent pour que mon amour pour toi s'enfuit là haut, et se meurt, dans les bras d'un ange.

 

 

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