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Si haut'hein !

par Sylvia

Si haut'hein !

La différence peut être une attraction chimérique, quand les contraires s'attirent.

Quelque soit le domaine dans lequel nous ne sommes pas en phase, on se retrouve sur la même ligne de conduite quand nous nous mettons en parallèle pour exceller dans un autre art.

Une fusion se crée, et nous sommes inséparables, uniquement en symbiose sans que rien ne vienne altérer cette alchimie.

Mais sur les choses qui nous séparent, un grand fossé peut se créer si aucun dialogue n'est entrepris, et qu'il soit entendu, pas à sens unique ou d'une oreille de sourd.

Si en plus, celui en face prend ses airs supérieurs, se prend pour plus grand qu'il n'est, essaie de rabaisser ou amoindrir l'autre, d'un air hautain vous toise et vous écrase d'une pitchenette, alors la fosse creusée devient béante pour ensevelir ce qu'il reste de bon à partager.

...

De sa grandeur il lui démontre que c'est lui qui détient la vérité, qu'aucune objection ne sera prise en compte, car cela ne vaut rien.

De par son émotion, elle tente en vain de lui expliquer la raison de son mal être, mais les larmes jaillissent et une flopée de sentiments s'échappent de ses pleurs.

Il n'en avait que faire de cette marque de faiblesse, pour lui c'était du cinéma.

Elle voulait qu'il parte, qu'il se taise, il restait assis là, tranquillement, attendant qu'elle se calme.

Il ne supportait pas les jérémiades d'adultes, pour lui ni la colère, ni la peine étaient utiles. Une discussion posée était ce qu'il fallait.

Elle avait la sensation que tout ce qu'elle pouvait dire, tout ce qu'elle faisait ne suffisait pas à ce qu'il entende vraiment ce qui n'allait pas.

Il attendit qu'elle soit apaisée pour la prendre par la main, et la faire asseoir près de lui. Il la prit contre son torse sans mot dire.

Elle trouva réconfort entre ses bras, mais en elle bouillonnaient encore les flux de ses doutes et tristesses.

Il souleva son menton et l'embrassa.

Elle fondit encore une fois.

...

Quand elle se réveille, et qu'il n'est pas là, quand elle repense à hier, et qu'elle a froid, quand elle pleure encore une fois.

Elle aurait tant voulu s'exprimer et crier haut et fort ce qui lui retenait au coeur, mais c'était sans compter sur la façon dont il arrivait à détourner les sujets, ou à manier la situation dans son sens, pour que nul grief lui soit encore affecté, et que finalement elle cède, sous la faiblesse de ses sentiments et de la chaleur de sa peau.

Quand ils échangeront, elle sait déjà qu'il aura toutes les directives pour les jours à venir, que ce qu'elle voudrait et désirait ne seraient sûrement pas satisfait au moment voulu. Que seul lui déciderait vraiment de où et quand, que la plus petite amorce qu'il fera sera de fait, et qu'elle devra en prendre pour argent comptant. Donc qu'elle serait déçue, et qu'elle serait seule.

 

Elle le voit, là avec ses phrases toutes faites, ses bonnes manières, ses mots sortis du dictionnaire, ses strophes de magistrats, ses airs hautains et maniérieux.

Elle s'imagine, sur une plage, le vent souffle, et tout ce qui l'entoure s'envole. Elle essaie de rattraper tous les éléments, mais rien y fait, elle est trop petite, trop lente, trop ahurie.

Lui arrive, et de son grand bras mince, réussi à rattraper ce chapeau gris, cette écharpe rouge, et vient lui remettre, avec un sourire narquois, en lui disant que tout ira bien, qu'il gère, et qu'elle doit lui faire confiance.

Leurs yeux s'affrontent sur le ponton, elle sent la force de cet homme, il sent l'amour de cette femme....Ils sont si différents, si extrêmes, alors qu'ils peuvent être si complémentaires....mais pourquoi lui donne til le tournis, alors qu'elle affronte ces tourments internes.

Il lui fait penser au passé, à l'autre, mais elle est inexorablement attirée par lui....et n'arrive pas à prendre sa décision finale....

Ils échangent des mots, des piques, des maladresses, des quiproquos, des au revoir....

Lui de son air hautain se sentira en supériorité, elle de sa modestie, se taira, car le mieux l'attend ailleurs.

Alors, il se fera silence, elle attendra, il reviendra, elle hésitera, ils se reverront, ils s'aimeront...jusqu'au jour où cela ne suffira plus pour l'un comme pour l'autre, et elle s'en ira, pour s'en remettre à d'autres, et le regardera , lui, si haut, si loin, si haut'hein !?

 

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