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Blues

par Sylvia

Blues

Après avoir verser des larmes jusqu'à l'épuisement, la voilà enfin qui s'endort au milieu de la nuit, juste quelques heures de répit pour son esprit se dit elle.

C'est sans compter sur les cauchemars qui viennent la hanter dans ses songes mouvementés. 

Elle se tourne et se retourne entre ses draps froissés.

Son sommeil sera de courte durée, déjà elle ouvre les paupières sur l'aube de ce jour, où le ciel est gris, nuageux, maussade comme l'est son état d'esprit.

Elle s'active comme chaque matin, mais elle sait d'avance que la journée sera longue et solitaire, comme à chaque fois.

Elle sait qu'elle ne doit rien attendre des autres, même si au fond, elle reconnait avoir de bons amis, elle se sent inévitablement seule. 

Elle l'a appris, le jour où tous ses rêves sont partis en éclat, et elle s'est faite la promesse de ne plus devoir à personne, de ne compter que sur elle même, mais dans son moi intérieur, sa pire angoisse, sa plus grande peur, c'est d'être oubliée, c'est de ne plus être importante pour quelqu'un, c'est de finir esseulée.

 

Elle regarde par la fenêtre les nuages gris profiler dans ce ciel obscur. on se demande où est le printemps tant attendu. 

Le soleil ravirait à nouveaux les âmes attristées.

Les larmes lui montent à nouveaux aux yeux. 

Elle pensait avoir tout évacuer la veille au soir. 

Elle ne comprend même pas pourquoi elles coulent le long de son visage, terne, sans sourire depuis quelques jours.

Elle se rappelle de dimanche dernier où elle se sentait heureuse, épanouie, chanceuse. Elle a passé un très bon week end, un peu spécial, mais il s'est terminé sur une note positive, et elle se sentait à nouveau revivre, et croire aux lendemains heureux.

N'était ce qu'une utopie, s'est elle trop enflammée ? A-t-elle espéré trop vite, et cru que les choses changeaient enfin.

Elle est restée patiente, mais fébrile ces derniers temps, et tant qu'il y avait du répondant, ça lui allait, mais hier, sans s'y attendre, le blues lui est venu.

Elle s'est mise à penser à tout ce qui se passe, à ce qui a été et sera demain. Elle doute, elle imagine, elle craint.

Elle ne sait plus vraiment, mais ce dont elle est sûre c'est qu'elle aime, elle chérit de tout son coeur de toute son âme.

Mais elle s'interroge sur la réciprocité des sentiments, sur ce que sera l'avenir, si dans un an tout sera chamboulé à lui arracher le coeur.

 

Le présent devrait être son seul tracas, mais irrémédiablement elle est obligée de laisser ses pensées vagabonder vers les sentiers de l'incertitude.

Elle se répète que cela ne sert à rien de diverger, mais c'est sans raison. Et puisse dit elle que déjà elle n'est pas vraiment satisfaite de ce qui se passe actuellement, que les silences la pèsent, que les actes n'ont pas assez de poids, que tout ce qui est en surface ne fait que flotter sur une eau aux apparences calmes, mais qu'en fait, au fond se met en action une éruption volcanique, et qu'un tsunami viendra bientôt abattre les cartes si difficilement érigées, dans une pyramide bancale.

Ce qui est beau, ce sont les rayons du soleil qui filtre à travers cet amas de cumulonimbus, les chants des oiseaux qui sortent de leur cachette quand la menace de l'orage s'envole.

Alors elle rêve d'arc-en-ciel, de paysages verts, de la plage et la mer qui l'attendent cet été, de ces plaisirs partagés, de ces retrouvailles, de cette amitié si forte, de ses câlins échangés, de ce futur proche qui semble idéal.

Ces lèvres se retroussent sur un demi sourire, elle s'adonne à son passe temps, elle écoute de la musique, un peu moins mélancolique que la veille, et elle écrit.

 

Alors que ses doigts pianotent sur son clavier, elle laisse son imagination errait pour écrire ce qu'elle ressent, ce qu'elle peut faire passer comme message.

Des images s'affichent devant elle, des photos, des visages, des êtres qui lui manquent.

Ils ne sont pourtant pas loin, certains reviennent demain, d'autres lui feront signe d'ici là, et elle peut en appeler d'autres.

Mais se mûre en elle cette nostalgie résistante, cette mélancolie persistante, ce blues d'un soir qui demeure dans sa chair.

Les rayons de soleil ont faibli,, les oiseaux ne chantent plus, elle n'entend que le tic tac de la pendule, le spleen l'envahit de nouveau, les larmes lui viennent, cette journée sera encore longue, seule, et elle rêve d'être serrée dans ses bras, de se laisser aller à la torpeur de la douceur de ses caresses...

Ce ne sera pas pour aujourd'hui, même s'il vient à elle, elle refusera car c'est hier qu'elle en avait besoin.Elle attendra demain de prendre contre son coeur de maman, l'amour éternel et pendant ce temps, elle s'occupera l'esprit, essaiera de chasser ce blues qui parsème de bleu grisâtre les parois de son esprit.

 

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