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Nuit d'orage

par Sylvia

Source de la photo, les ressources du douaisis *

Source de la photo, les ressources du douaisis *

Couchée dans son grand lit, seule, elle entend le tonnerre gronder, les lueurs des éclairs zèbrent la pièce, traversant par la fente laissée par le rideau mal fermé.

Elle a horreur des orages, elle les craint, et ne se sent pas rassurée. Celui ci est vraiment violent, il est au dessus de la ville, et le son en est assourdissant.

Elle se souvient, petite, quand dans la maison de son enfance, les jours de tempête, avec son petit frère, ils se barricadaient à l'étage, fermant toutes les portes, se retrouvant dans le noir total, et se cachait dans le grand carton de jouets.

Ou bien encore cette fois, où avec sa meilleure amie, elles ont eu tant peur, étant seules à la maison, se sont cachées sous la table du salon  attendant que la rage de la pluie et du vent cesse.

Aujourd'hui, c'est une adulte, mais qui craint encore les frasques de la colère du Dieu du ciel, du vent et des nuages !!!!

Mais elle ne peut plus se réfugier nul part, et ce soir elle n'a personne pour se blottir dans ses bras.

L'histoire que sa mère lui racontait sur cet éclair traversant la maison familiale de part en part se répercute dans sa mémoire.

 

La nuit passée fut agitée, celle ci le sera aussi, pour d'autres motifs, bien que ses pensées retourneront forcément vers celles d'hier.

Elle a toujours cette angoisse en elle, ce trémolo dans la voix quand elle s'est raconté à son amour, les larmes aux bords des yeux.

Elle s'est refusé de pleurer encore, elle en avait assez versé la veille, et de toute façon cela n'y changera rien.

Ce qui l'inquiète, c'est qu'elle ne comprend pas pourquoi cela lui a fait tant peur, car elle ne pense pas qu'elle risquait véritablement quelque chose, même si elle manquait d'assurance au moment précis, même si elle a craint pour ses petits cœurs, ce n'est pas la véritable raison de sa grande émotion depuis lors.

C'est comme ci le passé resurgissait, comme si il était à nouveau présent, et qu'elle ne pouvait s'en défaire.

 

Alors, dans son lit, les draps froissés, la chaleur moite d'une nuit orageuse, elle laisse son corps s'engourdir, tout en essayant de chasser ses mauvaises pensées.

Elle aimerait tant être auprès de lui, qu'il la comprenne, qu'il la rassure, mais ce n'est pas le bon moment, elle doit faire abstraction de toute attirance, de toute tendresse, juste savourer le peu de temps qu'ils passent ensemble, au vu de la situation.

Elle lance des appels, des appels au secours silencieux, des cris d'alarme muets, et elle parle, elle demande, elle supplie.

Les paroles de son autre, de sa moitié, lui reviennent, oui elle saisit ce qu'elle ressent, mais elle voudrait tellement enfin profiter du bonheur qui se présente, même s'il est éphémère, même s'il est trompeur, même si l'échec se trouve en fin de parcours...

Bien sûr elle espère qu'elle se trompe, et elle aspire aussi que ce dont elle doute elle-même ne soit qu'erreur, et imagination pessimiste, mais que le positif l'emportera.

 

Une union pourra en résulter, ce n'est pas la finalité même qu'elle souhaiterait, elle projetait certes une sorte d'alliance, un accord légal, une synchronisation de deux corps résultant un don du ciel, mais la réflexion et les recherches effectuées, présument qu'il a raison, et que cela serait plus légitime.

L'orage gronde toujours dehors, la pluie bat contre les vitres, demain la journée sera toujours lourde de chaleur, mais sombre de nuages.

Dans sa tête, l'ouragan est de plus en plus puissant, elle ne réussit pas à apaiser le cyclone qui l'envahit.

Elle ne sait plus, elle se sent mal, son corps réagit.

Au réveil, elle est nauséeuse ,éreintée d'une nuit  agitée, le ventre lui serre, elle est brumeuse....

La journée sera longue...les nuages gris annoncent encore le mauvais temps, elle ne parviendra pas à se rassurer de suite, il lui faut attendre l'accalmie d'un jour d'été.

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