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En sursis

par Sylvia

En sursis

Dans l'obscurité du froid automnal, il s'enhardit de la promesse de l'aube de demain.

Il n'a pas peur, Il est confiant.

Rien ni personne ne peut le déstabiliser.

Il se sait fort, Il se sait craint, Il se sait dangereux.

Il ne reconnaîtra jamais qu'il est malsain,  qu'il est pervers ou qu'il est la cause de tant de peur, tant de tension, tant d'angoisse et de colère....et même s'il en joue, s'il ment sur son propre rôle, il n'avouera rien et au contraire il arrivera même à convaincre ses détracteurs de sa raison insensée . 

 

Dans la pénombre, on entend un cliquetis. Des serrures qui claquent au loin, des portes de fer qui se ferment lourdement.

Ici, tout le monde est libre de circuler comme il veut.

Les couloirs à peine éclairés de petits néons sont étroits mais quand le soleil darde ses derniers rayons estivaux, la luminosité inonde les peintures jaunatres dépassées.

On entend aussi les murmures des autres occupants, plus ou moins fluides selon d'où on se tient dans ce corridor.

Lui est seul derrière ces grilles qui se dressent devant lui.

Il sait qu'ailleurs il y a les autres mais il s'en fiche.

Il est là, tapis dans l ombre, debout à attendre et à se parler à lui même....ou plutôt à son reflet dans le miroir qu'il devine sur le mur d'en face.

 

Dehors, les âmes qui ont croisé sa route, se rencontrent, se bousculent, se divisent, s'evitent et par moment s'affrontent.

Nulle parole ne doit être prononcée mais il s'en faut de peu pour que les bouches se délient et que les vérités fusent.

La seule chose qu'il ne sait pas, c'est que derrière l'une de ses portes aux barreaux rouillés, son destin est peut être entrain de virer.

Rien n'est sûr mais certains entreprennent de faire vaciller le château de sable qu'il a construit de ses mains sales, poisseuses et meurtrières.

Il est libre encore d agir et d'aller comme bon lui semble. 

Aucun gardien ne surveille l entrée de son antre. Il se sent en sécurité. Il est sur son piédestal.

 

Alors que l orėe pointe à l'horizon, certains s'agenouillent, les larmes coulant sur la joue dans une dernière prière divine.

2 personnes vont se retrouver d'ici peu et des destinées vont se dessiner.

Alors que la brume du matin masque la nature de son épais brouillard, on entend des portes s'ouvrir sur des individus goguenards. 

Il en fait parti. Il est encore libre aujourd'hui de se mouvoir en toute impunité...enfin presque.

Le froid qui s'écroule autour de lui, lui fait comme une écharpe qui l étreint de plus en plus fort, lui ensserrant le cou au point de suffoquer.

Il est en sursis. Il sait que le moindre faux pas l emmènera de l autre côté de ces grilles aux barreaux rouillés qu'il regarde ironiquement sur le trottoir d'en face.

Il se croit fort, il se croit craint, il se croit dangereux.

Mais en fait il n'est personne, et c'est en réalisant cela, que ces autres qui se rencontrent, s'evitent, se retrouveront pour ne former qu'un seul et le contrer .

 

Aucune fermeté ne permet aujourd'hui de voir le roi abdiquer, mais faut se rappeler qu'à tout moment il peut être détrôner....le pouvoir démoniaque est en sursis....Il suffit d'un seul faux pas un seul et.....bang ! Les portes claqueront plus lourdement et seront verrouillées pour un bon moment...

 

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