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Tire-lire

par Sylvia

Tire-lire

Une à une, je dépose ces pièces cuivrées sur le plan de travail. Je compte et décompte en me prenant la tête entre les mains.

Tous ces calculs entre les entrées et les sorties pour avoir un total de 0 me donnent la migraine.

Que j'additionne pour soustraire, rarement en multipliant plus souvent en divisant des nombres, des chiffres de plus en plus dérisoires sur ma calculatrice.

Je suis comme ce coffre fort ouvert, non blindé, où l'on entrepose ses richesses, en escomptant y apporter des lingots, mais où les liasses de billets tant rêvées ne sont en fait constituées que de sacs de pièces de pacotille, pesant lourds sur la balance mais si ridiculement menus dans la caisse.

Je suis comme cette tirelire que l'on remplit enfant de nos petites monnaies gagnées au prix de dents tombées, d'etrennes de nos aieuls, de dons d anniversaire ou d'argent de poche adolescent.

Plus je grandis et moi je suis épargnée.

Ma capacité à encaisser devient de plus en plus vide car le peu que j aurai mis de côté devra être prélevé pour pouvoir arriver à mes fins.

 

J ai pris l habitude de ne plus voir le verre à moitié plein, je suis plutôt du genre à ne voir que le mauvais fond, et même si mes doutes sont déboutés, je crains toujours que l espoir que J ai mis dans mes ressources ne soient dévastés par les aléas de la vie, et que la grosse facture non annoncée, que le gros pépin non prévisionnel ne vienne frapper à ma porte de fer forgé.

Je compte et je recompte et je n'arrive jamais au résultat attendu.

Le problème se pose dans tous les sens, je ne trouve pas la solution.

Je me veux honnête de poser à la vertical les opérations, mais finalement je me trompe et l erreur me donne un zéro pointé. 

J ai beau tirer sur les numéros, j'ai beau lire les énoncés, je tire-lire sur les économies des écureuils qui grimpent aux noisettiers afin de préparer lhibernation.

 

Les jours de fêtes arrivent à grand pas, mais je me réfugie dans mon mausolée pour grappiller de ci de là de quoi amonceler des victuailles en prévision de la rigueur hivernale.

Dans mon blocos j aspire à me protéger de tous les risques liés à cette froideur qui emplit déjà chaque pore de ma peau. 

Mon coeur s ébranle et je suis émue aux larmes.

Pourquoi est ce si difficile de réunir les bonnes conditions et de pouvoir pleinement jouir des bonnes nouvelles arrivées dernièrement ?

Doit on se restreindre davantage, se découvrir plus encore, s'enliser dans les mélasses de fortune, se livrer à dame nature et sen remettre à son sort ?

Je porte les feuilles mortes jusqu'à ma demeure pour ratisser mon chemin caillouteux, me piquant aux épines des cactus poussant sur le sentîer, me disant que c'est monnaie courante dans les environs.

 

Ma tirelire se vide à peine remplie, pas le temps d économiser pour augmenter les ressources nécessaires à l épanouissement de ce bonheur retrouvé. 

Je tire sur les cordes pour lire entre les lignes que ce que je vois en bleu finira forcément dans le rouge.

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