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Eparpillée

par Sylvia

Eparpillée

Assise à mon bureau, ou bien installée dans mon lit, je me mets à cogiter.

Mes doigts sont nerveux, tapotant sur le bois, en attendant que me vienne l'inspiration.

J'ai ouvert mon écran, je farfouille à présent pour trouver l'illustration du sujet du jour.

Je suis impulsive, je suis téméraire, je peux être calme ou survoltée.

Le simple vent qui souffle au dehors, ou les reflets du soleil d'octobre qui tardent ses lueurs, peuvent déclencher en moi mille émotions.

Je ressens le besoin d'écrire, de pianoter, de mettre noir sur blanc ce qui me trotte par la tête.

C'est ainsi que j'exprime tous mes ressentiments, les pires comme les meilleurs. 

J'arrive à argumenter, à apporter le pour et le contre, à expliquer le pourquoi du comment, en noircissants des feuilles blanches.

Les pages du roman que je voulais éditer, peut être un jour, n'en ont pas finies d'être remplies. 

A chaque jour suffit sa peine, mais c'est que là je ne veux, je ne peux pas le terminer, n'étant qu'à la moitié de ce qui me reste à vivre.

En tout cas, le suppose je ?!

 

Des feuilles écornées, des feuilles froissées, des pages jaunies, des pages arrachées.

Parfois des chapitres sont écrits en entier sans que je n'y revienne dessus, à d'autres moments, il me faut jeter en vrac les pages ornées de ratures, de salissures, de larmes séchées.

Je peux agir spontanément, sans que je puisse m'arrêter, tout me vient naturellement, les mots viennent jusqu'à moi sans que je ne les ai à penser.

Une idée,une notion, un événement ou simplement l'envie et les mots, les phrases s'enchaînent à l'infini pour conclure cette réflexion.

Egalement, cela peut provenir d'un mal être, d'une joie de vivre, de trop plein d'émotions pour que je veuille étaler ma philosophie personnelle et critiquable sur les touches de mon ordi.

je vais m'installer jusqu'à ce que me viennent paragraphes  relatant ma traversée sur Terre, touchée par les êtres et les actes de certains.

 

Je suis une personne entière et sincère, je ne fais pas semblant, quand je vis les choses je le fais intensément, avec toute mon âme.

J'aime ou je déteste de tout mon coeur.

Je suis une passionnée, je suis fougueuse, je suis sauvage.

Je suis tout le contraire parfois et dans ce cas, je n'entreprendrai rien, je laisserai faire, je serai oisive à l'extrême.

Cela dépend de ma motivation, de mon leitmotiv, de ma confiance.

Si je crois en moi, je serai winneuse, le poing levé. Sinon, je ferai le pire pour tout faire échouer.

 

Quand j'écris, c'est pareil, soit j'apprécierai mon travail, et je me verrais finir cet article, satisfaite et fière, soit je ferai de toutes ces feuilles blanches des boulettes de papiers éparpillées et jonchant le sol.

Quand je les ramasserai et les rassemblerai, bien sûr que j'y verrai mes idées, mes vérités, mes envies, mais j'y verrai aussi mes doutes, mes douleurs, mes peines, mes regrets.

Avec chaque page utilisée, je pourrai recréer un conte, rédiger un poème, ou simplement coucher mes blessures lézardées.

Je me suis plongée dans mes sombres fêlures ce matin, car j'ai mal très mal, mais ce que j'écris est indéchiffrable, il y a des annotations dans tous les coins, des flèches, des rappels, des griffonnages, des erreurs et des ratures.

J'ai bien fait un plan pour placer mes diverses idées, mais ce passage là est trop difficile à résumer, à relater, à exprimer avec toutes ses émotions qui me viennent, éparses comme ces boules chiffonnées.

Pourquoi n'y arrive je pas ? Pourquoi toutes ces contradictions ? Pourquoi ces choix, ces décisions, qui ne tiennent pas en place dans mon cérébral ?

Tout est compliqué là où je voudrai que ce soit simple. Ou n'est ce que moi qui complique tout de peur de la facilité.

 

J'ai mis tout mon coeur dans cet ouvrage, alors que je voulais y aller crescendo, sans précipitation.

J'écrivais un à un les chapitres, parfois revenant en arrière pour modifier, parfois des précipitations se mettaient en place, mais enfin je réalisai un autre tome de ce que devait être ma vie.

Mais c'était sans compter sur ma plume qui s'est mis à fuir, quand l'encre a commencé à imbiber les feuilles blanches de par et d'autres, s'étalant sur tous les derniers récits déjà écrits, venant entacher les pages vierges.

Je ne sais si cela est effaçable, je ne sais si cela peut s'écrire en continu, je ne sais si j'ai l'envie de poursuivre cette quête, mais ce que je sais c'est que je suis ce matin cette boule de papier froissée, éparpillée au milieu de ma chambre, et que je souffre à l'aimer.

 

 

 

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